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ARTICLES - News /Commentaires - NEWSFLASH - août 23, 2018

’’Grossesses en milieu scolaire en Côte d’Ivoire, un fléau qui nous interpelle’’

UN FLÉAU QUI NOUS INTERPELLE

Depuis quelques années, la Côte d’Ivoire est confrontée dans son système éducatif à de nombreux cas de grossesses scolaires.7063 grossesses en milieu scolaire entre 2016 et 2017, avec 202 cas à Abengourou, 247 pour la seule ville de Daloa et 406 à Bondoukou. Aussi la vie sexuelle est précoce avec un âge médian des premiers rapports sexuels de 17 ans chez les jeunes filles. Les autorités pour y faire face l’ont qualifié de « problème de santé publique et de développement».
Ces chiffres soulèvent plusieurs interrogations, quels sont les causes de ces grossesses et leurs conséquences. Aussi quels sont les actions mise en œuvres, leurs limites et les approches de solution.
Les causes des grossesses précoces en milieu scolaires sont multiples, les plus fréquentes dans notre pays sont :
– La sexualité clandestine des adolescents, avec le manque de communication entre les parents et leurs enfants sur les questions de la sexualité (le sujet étant considéré comme tabou) ;
– La non ou mauvaise application des méthodes contraceptives (les services spécialisés et les séances de sensibilisation étant rares)
– Le manque d’éducation sexuelle à l’école (les cours dédiés à l’éducation sexuelle sont presqu’inexistant) ;
– Le harcèlement sexuel de certains enseignants envers les jeunes filles;
– La pauvreté qui pousse certaines jeunes élèves se livrer au premier venu moyennant un soutien financier.
Ces causes, multiples et variées entrainent des conséquences toutes aussi diverses que parfois dramatiques.
On observe parmi celles-ci un risque de stérilité lié à l’interruption volontaire et clandestine de la grossesse, voir de décès. Ainsi l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), chaque année, on dénombre 80 millions de grossesses non désirées, occasionnant 45 millions d’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), qui ont pour conséquence 70 000 décès dont 97% sont enregistrés dans les pays en développement.
D’une part l’on peut noter aussi des conséquences sur le plan psycho-social, le risque d’abandon du bébé, le rejet de la famille et de la communauté et d’autre part sur le plan scolaire :Une baisse du rendement scolaire et des abandons d’études.

Pourtant plusieurs actions sont mises en œuvre par l’état, par exemple le plan « Zéro grossesse à l’école » à travers le ministère de l’éducation nationale,
Des ONG tels que l’ONEF par des campagnes de lutte contre les grossesses en milieu scolaire, l’UNICEF par des sessions de formation et de sensibilisation. Ces actions ont permis de réduire de quelque peu les cas de grossesses (300) par rapport à l’année dernière (359).
Il est évident que les grossesses précoces et non désirées en milieu scolaire constituent un problème de santé sexuelle face auquel il convient de se mobiliser.
Ainsi l’implication des parents, la promotion des cours d’éducation sexuelle, l’implication de la communauté et la contribution des médias à l’information des jeunes filles pourraient mieux contribuer à réduire les grossesses en milieu scolaires .Mais aussi favoriser leur réinsertion sociale.
Comme le dit l’adage, « éduquer un homme c’est éduquer un individu, éduquer une femme, c’est éduquer une nation ».

Dr M .de Biré

Bibliographie

 Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle
(MENET-FP) Statistiques Scolaires de Poche 2016-207

 Les grossesses en milieu scolaire au prisme de la communication pour le changement de comportement: l’exemple du lycée moderne de tengrela en côte d’ivoire Gnéré Blama DAGNOGO

 Guigma/Diasso M.M.G. 2013 : La problématique des grossesses non désirées et la situation des filles mères en Afrique et dans le monde, document n°16 session de l’assemblée parlementaire de la francophonie, Abidjan, 9-12 juillet 2013, 9p

 Grossesse en milieu scolaire, un obstacle au maintien des filles à l’école : le cas de la cote d’ivoire, Rachel Gogoua, ONEF

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