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ARTICLES - avril 1, 2019

MÉDECIN INTERNE, PIERRE ANGULAIRE DE LA MÉDECINE

Rétrospective sur la journée commémorant les cinquante ans de l’internat en côte d’ivoire.

Dr ADON Hugues, vice-président des internes de côte d’ivoire nous expose sa vision de l’internat et ses perspectives.

Les 07 et 08 Mars, les médecins Internes des hôpitaux organisent les ‘’Journées de l’Interne et cinquantenaire des Médecine Internes’’.  

Docteur Djoma Adon Hugues interne des hôpitaux en troisième année et au Service des soins intensifs médicaux à l’Institut de Cardiologie d’Abidjan, nous élucide sur la discipline.

Journaliste (J) : Qui est l’interniste des hôpitaux ?

 Docteur (D) : L’interne des hôpitaux, est d’abord étudiant en médecine. L’interne se doit d’avoir reçu au concours d’internat qui est hyper sélectif.Il se tient une fois  chaque année à la faculté de Médecine. Ne peuvent concourir donc au dit concours que seuls les étudiants qui ont validé leurs stages de cinquième année de médecine.  En d’autres mots, ce sont les admis en sixième année de médecine. C’est à partir de là qu’on a la possibilité de devenir interne.

J. Mais, combien de temps dur la formation de l’interne des hôpitaux alors ?

D : La formation de l’interne dure quatre ans. Au bout de quatre ans, l’interne des hôpitaux a différents services à faire.  Dans chaque service, il y travaille pendant six mois.

 J. Est-ce à dire qu’il se spécialise dans les huit spécialités?

D. Non. Il  se spécialise soit en cardiologie, soit en pédiatrie ou en d’autres services de son choix. Après le tour des services, la dernière année est strictement réservée au service dans lequel nous voudrions nous spécialiser. Mais, nous avons une connaissance au niveau des autres pathologies et celle de notre spécialité, qui n’a presque plus de secret pour nous. Nous avons une bonne maitrise de notre sujet. Notre dernière année de formation est consacrée à notre spécialité. Après les quatre années, il devient Assistant Clinique d’un Service. En effet, l’interne a la vision de devenir Professeur avant de commencer sa formation.  

J. Combien d’internes êtes-vous?

D. nous sommes environs 250 à 300 internes. Nous sommes repartis dans les différents Centre Hospitalier Universitaires du pays. Ainsi, nous avons des internes à Abidjan et d’autres à Bouaké.     

J. Quelles en sont vos difficultés?

D. Nous en avons beaucoup. Nous souhaitons la revalorisation du statut de l’interne qui n’a pas changé depuis très longtemps. Les salaires, les primes de risques, les primes de logement et de transport, les conditions de travail, … ont besoin d’être revus pour encourager les futurs Professeurs en Médecine.

J. Quels en sont les avantages du choix d’être interne des hôpitaux?

D. Au-delà des difficultés, l’internat ouvre les portes d’une carrière glorieuse. Ainsi, à la fin de la formation de l’interne des hôpitaux, il peut devenir Enseignants en Médecine, Professeur Agrégé d’une pathologie, Chef de Service, administrateur d’un Service  de Recherche Médical… C’est une voie royale, voire un sacerdoce. C’est le couronnement d’un rêve d’enfance de plusieurs médecins. Nous sommes les pépinières de la pérennité et même de l’immortalité de la Médecine ivoirienne. C’est le couronnement d’un rêve qui devient réalité. Finir sa formation d’interne des hôpitaux est incomparable.   

J. Quels sont les intérêts des journées des internes célébrées chaque année ?

D. Nos journées sont célébrées depuis quelques années de façon intermittente pour faute de moyens et d’organisation interne. Cette année est le cinquantenaire des internistes. Nous avons les jours du 07 et 08 Mars au Plateau, nos Maîtres et leurs Enseignants de mêmes que les Professeurs Honoraires et biens d’autres Doyens de la Médecine sont à nos côtés pour nous gratifier de leur savoir. Ce sont eux nos modèles. C’est un honneur. Nous relevons la valeur du challenge de la médecine interne. Ainsi, malgré certaines difficultés, nous tenons haut le flambeau.    

Nous échangeons sur la thématique ‘’L’Interne, face au cancer.’’

J. Quelle est la différence entre le médecin interne des hôpitaux et le médecin qui fait un CES?

D. L’interne des hôpitaux est la cheville ouvrière d’un Service. Il a un parcours qui diffère de celui du médecin qui fait un CES. Il est déjà spécialiste étant interne. Et quant à l’autre, il est médecin généraliste avant de chercher à se spécialiser. Il ne peut donc pas devenir Enseignant et plus encore Professeur Agrégé en Médecine. Il peut avoir travaillé avant de revenir se former en Spécialiste dans un Service.

J. Nous constatons que le médecin Spécialiste peut ne pas avoir son Diplôme au cours de sa formation. Et, par ricochet, il reste médecin généraliste. Est-ce le cas pour l’interne?

D. Cela est très rare. Tous les internes sont de brillants et passionnés étudiants de la Médecine. Il n’est pas interne pour dormir. Il se doit de bosser. Les Maîtres observent attentivement tous ses travaux. Ils lui confient déjà des responsabilités qui l’obligent à travailler délicatement. Le boulot est presque sa nouvelle résidence ; car, on peut avoir besoin de lui à toutes heures. Il est l’intermédiaire entre les patients et l’Assistant, au Maître-Assistant et Professeur pour finir. C’est généralement lui qui présente les tableaux des malades à ses supérieurs afin de préconiser des soins aux patients.  Tout passe par lui dans le Service. Je n’ai pas encore appris qu’un interne se soit fait exclu. Le test est beaucoup trop sélectif pour avoir un tel résultat pour un étudiant. 

  J. Avez-vous des conseils à donner aux étudiants en Médecine qui souhaiterait devenir interne des hôpitaux ?

D. J’exhorte tous les étudiants en Médecine à passer le concours d’Internat. Nous constatons tristement des insuffisances que jusqu’à l’obtention du doctorat des médecins. Cela s’explique par le fait que le système ne permet pas d’assimiler tout en si peu de temps.   

On est très bon médecin lorsqu’on finit la formation d’interne des hôpitaux. Nous constatons que dans certains pays, le concours est obligatoire. Le concours étant très sélectif, je demande aux étudiants en Médecine de commencer à se préparer depuis la troisième année pour composer en fin de cinquième année.       

Entretien réalisé par Germain HOURA

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